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Le bois est fondamental dans l'élaboration du whisky. Dans une première approximation, l'on peut considérer que la qualité du whisky reflète
celle du fût employé. Évidemment, il ne faudra aucunement réduire l'un à l'autre, bien que les deux éléments soient intimement liés.
Qu'est-ce qu'un fût ? Derrière la simplicité apparente de la réponse, se développent toute une technique, tout un savoir, une expérience riches de plusieurs siècles. Nous verrons dans un premier temps les différents types de fûts, puis dans un deuxième temps leur utilisation et enfin les interactions entre le contenu et le contenant. |
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Le fûtLes tonneaux employés pour la fabrication des whiskies sont en bois, plus précisément en chêne. On n'utilise pas - pas encore - de cuves en inox ou en béton. Il s'agit généralement de fûts usagés, parfois abîmés, importés de différentes parties du globe pour finir leur vie en Écosse. En Écosse, les fûts sont quasi éternels : une fois qu'ils ont servi à maturer un whisky on les réutilise. Généralement trois fois, après quoi on considère qu'ils n'ont plus rien à donner et on leur fait subir une cure de jeunesse sous la forme d'un reconditionnement. Pourquoi ne fabrique-t-on pas des fûts en Écosse ? Il y a peu de chênes et ceux qui y poussent sont tellement noueux (ils ont tellement de nœuds) que les fûts en résultant sont trop poreux. Ces fûts ne possèdent pas les caractérisques requises pour faire vieillir un whisky pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies. Les fûts de bourbon
Une fois la maturation du bourbon terminée, les fûts sont acheminés vides en Écosse où ils commenceront leur deuxième vie. Comme il s'agit des fûts les plus couramment utilisés, il n'est généralement pas fait mention de leur usage, à la différence des autres fûts décrits ci-après. L'Écosse importe annuellement 800 000 fûts de bourbon. Les fûts de sherry
Au début de l'histoire du whisky, il y a quelque deux cents ou trois cents ans, les voyages transatlantiques étaient longs et risqués, la Prohibition n'avait pas encore eu lieu et les relations internationales montraient une certaine fraîcheur entre la Grande-Bretagne et le principal producteur mondial de fûts qu'était la France. Donc pour assurer leur approvisionnement, les Écossais se sont tournés vers d'autres producteurs, européens et alliés : l'Espagne et le Portugal. Ceci permettait aux producteurs d'avoir un approvisionnement en fûts indépendant de la situation politique internationale. En plus ces fûts répondaient parfaitement à ce qu'en attendaient gustativement les producteurs. |
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On peut aussi utiliser d'autres types de fûts : neufs, porto, vin... |
Fûts neufs
Lorsque les sources d'approvisionnement se tarissent au regard de la demande, les distilleries vont chercher et trouver des solutions : les fûts neufs. Différents essais sont intervenus et ont montré que la qualité du whisky résultant était satisfaisant pour du blending. Ou comme argument marketing pour vendre à prix d'or de la pisse de chat. Autres fûts On a vu apparaître dans les années 1990, des fûts d'autres origines pour la finition ou, plus rarement, pour la maturation. Parmi ceux-ci, on rencontrera des fûts ayant contenu
Hogsheads
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Les fûts portent des noms dfférents selon leur forme, leur dimension et leur contenu antérieur. |
Noms et contenance des fûtsLes tailles et les noms des fûts sont codifiés mais non standardisés. En effet la fabrication est encore manuelle et de ce fait la variabilité, aussi bien en qualité qu'en taille, est importante. Seule une taille maximum a été définie par la SWA : 700 litres. Un fût destiné à l'élaboration du whisky ne doit pas avoir une contenance supérieure à 700 litres. Il est à noter que les distilleries étrangères s'alignent généralement sur les règles de la SWA, bien qu'elles n'y soient aucunement obligées. Les noms des fûts n'ont généralement rien à voir avec les appellations viticoles. Ainsi les termes de fillette ou ... sont inutilisés au royaume du whisky.Bodega butt : Aussi appelé gorda ou sherry butt, c'est un fût ayant antérieurement servi à l'élaboration du sherry. Il fait environ 600 litres. Puncheon : c'est un autre type de fût ayant servi à l'élaboration du sherry. Il contient environ 545 litres. Pipe : aussi appelé port pipe, il a servi à la fabrication du porto. Sa contenance est d'environ 500 litres. Butt : à ne pas confondre avec les bodega butts et sherry butts mentionnés plus haut. Il s'agit ici d'une appellation moins restrictive du fût qui a servi pour le sherry. Il mesure entre 500 et 600 litres. Dump puncheon : petit puncheon, d'une contenance de 460 litres. Hogshead : il s'agit du fût le plus couramment utilisé. Fabriqué traditionnellement en Écosse à partir de tonneaux inutilisables ou ayant déjà trop travaillé, ils sont assemblés sur place. Leur contenance habituelle est de 250 litres, mais peut aller jusque 305 litres. On appelle recoopered hogshead un hogshead comportant une part de douelles neuves. Le barrel est le fût dont on se sert pour la fabrication des whiskies américains : bourbon, mais aussi rye ou autres alcools de grain. La contenance est de l'ordre de 180 litres, mais peut aller jusque 200 litres, limite maximum autorisée pour le boutbon. Kilderkin : 82 à 100 litres. Quarter : 45 à 80 litres ou, selon les sources, 105 à 125 litres. Correspond à un quart de butt, d'où son appellation. Anker : tonneau d'une contenance d'environ 40 litres. C'est le fût utilisé à l'origine pour la maturation de whisky, nommé aussi blood tub à une période plus récente. Cette taille s'est probablement imposée car un homme pouvait encore manipuler le fût tout seul et un âne ou un poney pouvait bien porter deux de ces fûts. Octave : 22,5 litres. C'est le format premier du blood tub. Il faut noter la différence qui existe entre l'origine du bois et l'origine du fût. Si un bourbon barrel est obligatoirement fabriqué avec du chêne américain, un pipe portugais peut aussi bien être fabriqué avec du chêne portugais qu'avec du chêne espagnol ou français. Les fûts de sherry sont généralement fabriqués avec du chêne américain. |
Remerciements :
À Patrick, dit corbuso, dit le grand Suisse, qui m'a permis d'initier cette page et a été source d'idées.
À Gérard, dit savoureur, qui a établi une synthèse des différents types de fûts dont je me suis largement inspiré pour la partie
qui y est consacrée.
À Jean-Marie, rassembleur.